Poplar: pour contrer la laideur des villes industrielles

La rue Poplar avec ses magnifiques maisons de bois en pignon et son écrin de verdure s’avère un témoin du début de l’industrie des pâtes et papiers à Gatineau.
La rue Poplar avec ses magnifiques maisons de bois en pignon et son écrin de verdure s’avère un témoin du début de l’industrie des pâtes et papiers à Gatineau.
Photo: Yves Lusignan

Le secteur du Moulin formé des rues Murray et Poplar a été planifié en 1925 par la Canadian International Paper (CIP). Il rappelle l’architecture de la Nouvelle-Angleterre. En fait, la compagnie a créé ce secteur pour loger confortablement le directeur et les cadres américains de la papetière.

Contrer la laideur

Ce quartier a de magnifiques maisons de bois en pignon. C’est sans parler de son écrin de verdure. Il s’avère un témoin du début de l’industrie des pâtes et papiers à Gatineau. De plus, ce secteur est un beau témoin du développement des cités-jardins. Il s’agit d’un aménagement urbain qui a vu le jour en Angleterre à la fin du XIXe siècle et qui voulait contrer la laideur des villes industrielles.

Ce secteur verdoyant fait partie d’un site du patrimoine créé en 1996 par l’ancienne ville de Gatineau. Fait unique, les maisons et les arbres sont protégés.

 La rue James-Murray rappelle le nom du premier directeur américain de l’usine de la CIP.  De sa grosse maison, le directeur pouvait observer tout ce qui se passait chez ses contremaîtres.

Pendant des décennies, Gatineau et Hull furent parmi les plus importants producteurs de papier journal au monde. La CIP à Gatineau produisait, entre autres, le papier journal pour Le Droit d’Ottawa et la Gazette de Montréal, mais aussi pour des journaux prestigieux comme le Chicago Tribune et le Wall Street Journal. L’usine de la CIP fonctionne toujours, mais opère sous le nom de Produits forestiers Résolu.

 

 

Texte préparé par Michel Prévost, D.U.,  archiviste en chef de l’Université d’Ottawa et président de la Société d’histoire de l’Outaouais