Vie nocturne: on ne roule pas les trottoirs après 18 h

À une certaine époque, il était coutume de dire qu’on roulait les trottoirs à Ottawa à 18 h. C’était en effet une manière de dire qu’il ne se passait pas grand chose dans la capitale nationale. Bref, qu’on ne sortait pas beaucoup dans le coin, sauf pour visiter les musées et que la vie nocturne était inexistante.

Aujourd’hui, les esprits facétieux diront en réalité qu’on roule maintenant les trottoirs à 20 h à Ottawa. On roule effectivement beaucoup à vélo avant la tombée de la nuit.

C’est une autre histoire à Gatineau. Pendant longtemps, les anglophones d’Ottawa qui voulaient faire la fête après la fermeture des bars, soit à 1 h, traversaient le pont Alexandra et se dirigeaient prestement au centre-ville de l’ancienne Ville de Hull. Les bars y fermaient en effet à 3 h du matin.

Le secteur de la promenade du Portage comptait le nombre impressionnant de 22 bars. Les bagarres étaient nombreuses.  Les policiers en avaient plein les bras, soir après soir.

Pour vous donner une idée de l’ampleur du problème, la capacité dans les bars du centre-ville de Hull au début des années 1990 était de 7 500 places permises. Le taux de criminalité à Hull était de 160 crimes par 1000 habitants en 1991. C’était le taux le plus élevé au Québec.

Le ménage sur la promenade du Portage a été effectué dans les années 1990. C’est le conseiller municipal de l’époque, Claude Bonhomme, qui a en effet sonné la fin de la récréation. Il est le véritable maître d’oeuvre de la transformation du secteur. Du chapelet de 22 bars qui agrémentait le parcours des fêtards ontariens en 1991, il n’en restera plus que sept en 1998. Le taux de criminalité chutera alors de 80 %.

Chez Henri

Chez Henri accueille aujourd'hui une entreprise technologique et un restaurant.
Chez Henri accueille aujourd’hui une entreprise technologique et un restaurant. Photo: Yves Lusignan

L’ancien hôtel Chez-Henri, par exemple, était dans les années 70 et 80 un endroit qui était visité par les policiers. Et on parle ici de véritables armoires à glace, qui n’étaient pas seulement là pour vérifier si les clients avaient 18 ans.

Abandonné pendant des années, il a été rénové de fond en comble dans la controverse en 2010.  Un entrepreneur avait fait le pari de lui donner une seconde vie. L’immeuble patrimonial de style Château, construit en plusieurs étapes entre 1900 et 1930, accueille aujourd’hui une entreprise technologique et un restaurant.

Le centre-ville du secteur Hull a été pendant longtemps un lieu de vie nocturne assez mouvementé. La clientèle a changé et c’est aujourd’hui un lieu agréable et paisible.

Cela n’empêche pas les fonctionnaires et les visiteurs de s’arrêter dans le secteur des rues Kent-Aubry-Wright et Laval pour prendre un bon repas et s’amuser.

Le café 4 Jeudis, une référence culturelle.
Le café 4 Jeudis, une référence culturelle. Photo: Yves Lusignan

L’incontournable café aux 4 Jeudis, par exemple, est le premier nom qui vient à l’esprit. Et pour cause. Il fut longtemps le premier nom qui venait à l’esprit lorsque des visiteurs voulaient sortir pour prendre un verre, dans l’ancienne Ville de Hull.